Les traitements disponibles pour la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) se heurtent à une limite sévère : impossible de récupérer la vue déjà perdue. Pourtant, des leviers existent pour ralentir la marche de la maladie. Face à l’augmentation marquée du nombre de cas, des pistes inédites de prévention et d’accompagnement apparaissent, bousculant les repères et les conseils d’hier.
Désormais, la prévention de la DMLA s’individualise : on tient compte du profil de chacun, on affine les stratégies selon l’histoire de chaque patient. Les progrès des médicaments et des solutions technologiques transforment la prise en charge, dessinant de nouveaux horizons thérapeutiques. Mais rien ne remplace le suivi régulier chez un professionnel, garant d’une adaptation sur-mesure et d’une meilleure chance de conserver une vision utile au quotidien.
DMLA : comprendre les causes et les facteurs de risque
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) occupe aujourd’hui la première place des causes de perte de vision chez les plus de 65 ans en France. Cette maladie chronique cible la macula, cette petite zone centrale de la rétine essentielle pour lire, reconnaître un visage, distinguer un détail. Les causes s’entremêlent : génétique, vieillissement des cellules, stress oxydatif… Rien n’est simple dans la mécanique de la DMLA.
Certains facteurs de risque modifiables ressortent clairement du lot. Voici les éléments à surveiller de près :
- Le tabac : fumer augmente par deux le risque de DMLA. Un argument de plus pour envisager l’arrêt.
- Des antécédents familiaux : la maladie a une composante héréditaire forte.
- L’exposition répétée aux UV : s’exposer sans protection aggrave le risque, d’où l’utilité de porter des lunettes de soleil adaptées.
L’alimentation joue aussi un rôle non négligeable. Les recherches mettent en avant l’intérêt d’une assiette variée, riche en acides gras oméga-3 et en caroténoïdes comme la lutéine ou la zéaxanthine, principalement présents dans les fruits et légumes verts. Pratiquer une activité physique régulière contribue également à limiter le développement de la forme humide de la maladie.
Rien ne remplace non plus le contrôle régulier chez l’ophtalmologiste. Un examen ophtalmologique permet de repérer tôt les atteintes et d’adapter la stratégie de suivi. Cette vigilance rapprochée, notamment pour les personnes à risque, fait une différence concrète sur la préservation de l’autonomie visuelle.
Quelles options pour ralentir la progression de la dégénérescence maculaire ?
Les approches de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) n’ont cessé d’évoluer ces dernières années. Pour la forme exsudative, dite DMLA humide, la mise au point des injections anti-VEGF a changé la donne. Ces médicaments, administrés directement dans l’œil lors de séances ambulatoires, bloquent la croissance de vaisseaux sanguins anormaux, responsables de la perte de vision. Leur efficacité sur la préservation de l’acuité visuelle est bien documentée, sous réserve de commencer tôt le traitement.
D’autres alternatives sont disponibles pour la DMLA humide, notamment la thérapie photodynamique au laser. Cette technique associe un médicament photosensibilisant injecté en intraveineuse à une exposition ciblée au laser, détruisant précisément les vaisseaux à l’origine des lésions. Elle est aujourd’hui moins courante, mais conserve une utilité dans quelques situations spécifiques.
Pour la DMLA sèche, longtemps dénuée de solution, de nouveaux traitements voient le jour. Le SYFOVRE (pegcetacoplan injectable), validé en 2023, marque un tournant : il ralentit la progression de l’atrophie géographique par des injections intra-vitréennes qui ciblent la réponse immunitaire locale de la rétine.
L’accompagnement, enfin, repose sur plusieurs piliers : un diagnostic précis, un suivi rapproché, l’éducation du patient à reconnaître les signes d’aggravation et des échanges réguliers avec l’ophtalmologiste. Tout l’enjeu est là : préserver la qualité de vie, éviter que la maladie n’emporte toute autonomie.
Traitements innovants et conseils pour préserver sa vision au quotidien
Protéger sa santé oculaire aujourd’hui, c’est conjuguer innovations thérapeutiques et petits gestes qui font la différence. Les injections d’anti-VEGF pour la DMLA humide et l’arrivée du SYFOVRE pour la forme sèche montrent à quel point la recherche avance. Ces traitements, validés par les autorités compétentes, ralentissent la progression de la maladie et soutiennent l’autonomie au fil des mois.
Mais la prévention ne se limite pas aux médicaments. Les preuves abondent : une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes colorés (source de lutéine et zéaxanthine), ainsi qu’en acides gras oméga-3 présents dans les poissons gras, protège les cellules de la rétine contre la dégénérescence.
Le mode de vie a aussi son mot à dire. Voici les habitudes à intégrer pour renforcer la protection de la macula :
- Pratiquer une activité physique régulière pour limiter la progression de la maladie
- Adopter systématiquement des lunettes de soleil filtrant les UV lors des sorties
- Veiller à un apport suffisant en nutriments protecteurs via l’alimentation
Un dernier point : ne tardez pas à consulter un ophtalmologiste pour un examen ophtalmologique dès l’âge de 55 ans, surtout en cas d’antécédents familiaux. Le dépistage précoce ouvre la voie à des solutions mieux adaptées et augmente les chances de préserver une vision fonctionnelle.
La DMLA impose ses règles, mais la vigilance alliée aux progrès médicaux change la donne. Préserver sa vision, c’est désormais possible : à chacun d’en saisir l’opportunité avant que la page ne se brouille.


