Un trouble de la marche peut précéder de plusieurs années le diagnostic d’une maladie neurologique ou métabolique. Certains symptômes moteurs discretss passent inaperçus dans les bilans médicaux classiques, retardant la prise en charge. La coexistence de facteurs liés à l’âge, à la prise de médicaments ou à des pathologies chroniques complique souvent l’identification précise de la cause.
Des erreurs d’aiguillage persistent, notamment lorsque des troubles psychologiques sont confondus avec des affections neurologiques ou vasculaires. Les diagnostics tardifs exposent à un risque accru de chutes, d’isolement social et de perte d’autonomie.
Comprendre les troubles de la marche et de l’équilibre : de quoi parle-t-on vraiment ?
Réduire les troubles de la marche à un simple pas incertain serait une erreur. Ces difficultés révèlent souvent des dérèglements profonds, que ce soit au niveau du système nerveux ou de l’appareil locomoteur tout entier. Chez les personnes âgées, la moindre modification du schéma de marche doit alerter : synchronisation défaillante des mouvements, faiblesse d’un membre inférieur, posture instable… La liste est longue, mais chaque signe a son importance.
Quand les troubles de l’équilibre s’ajoutent à la marche hésitante, l’alerte monte d’un cran. Le risque de chute n’est pas un simple détail statistique : il s’agit d’une réalité aux conséquences parfois lourdes, avec des pertes d’autonomie qui surviennent brutalement, changeant le quotidien du jour au lendemain. Les arrêts soudains, les pas qui traînent, la lenteur nouvelle ou l’incapacité à tourner sur soi-même ne relèvent pas de la fatalité de l’âge ; ils mettent en lumière un désordre sous-jacent à prendre au sérieux.
Voici les premiers signaux qui doivent pousser à consulter :
- une démarche élargie ou traînante,
- une difficulté à faire demi-tour,
- une incapacité à marcher les yeux fermés,
- des blocages soudains ou une sensation de déséquilibre lors des changements de direction.
Contrairement aux idées reçues, les troubles de la marche ne concernent pas uniquement les personnes âgées. Les affections neurologiques, musculaires, métaboliques, ou encore les effets secondaires de certains médicaments, exposent aussi à ces difficultés. Détecter sans tarder ces signaux, c’est se donner la chance de prévenir les complications et de conserver plus longtemps sa liberté de mouvement.
Quelles maladies peuvent se cacher derrière ces symptômes ?
Un trouble de la marche ou de l’équilibre n’arrive jamais par hasard. Derrière ces difficultés se cache souvent une maladie plus profonde, du système nerveux, des muscles, ou des articulations. Certaines sont bien connues : la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques ou encore l’hydrocéphalie à pression normale, qui se manifeste par une marche à petits pas, instable, souvent associée à des troubles de la mémoire et de la continence.
Les syndromes parkinsoniens, qu’ils soient d’origine idiopathique ou secondaire, entraînent rigidité, perte des automatismes et ralentissement. D’autres causes modifient la marche : une atteinte de la moelle épinière, une neuropathie diabétique, ou des maladies héréditaires responsables de raideur ou de faiblesse des jambes. Chaque configuration impose son lot de défis.
Parmi les diagnostics fréquemment rencontrés, on retrouve :
- Hydrocéphalie chronique de l’adulte : démarche magnétique, difficulté à lever les pieds, déséquilibre.
- Sclérose en plaques : troubles moteurs disséminés, fatigabilité, spasticité.
- Pathologies vasculaires cérébrales (AVC, démences) : marche hésitante, troubles de l’équilibre.
- Causes orthopédiques (arthrose, déformation des pieds) : douleur, raideur, adaptation posturale.
L’hypotension orthostatique est un autre écueil, surtout chez les personnes âgées prenant plusieurs traitements : la pression artérielle chute au lever, provoquant vertiges, pertes d’équilibre, parfois chute sans prévenir. D’autres facteurs interviennent : médicaments, alcool, troubles de la vision, ainsi que certaines affections psychiatriques comme la dépression ou les troubles somatoformes. Chaque détail compte pour affiner le diagnostic et guider la prise en charge.
Vivre au quotidien avec un trouble de la marche : conseils pratiques et ressources pour mieux faire face
Lorsque la marche devient incertaine, ce sont toutes les habitudes qui vacillent. Mais il existe des moyens concrets pour garder sa liberté de mouvement et limiter les risques de chute. Le secret : anticiper, adapter, et s’entourer des bons professionnels.
La rééducation occupe une place déterminante. Un kinésithérapeute propose des exercices personnalisés, selon le diagnostic : renforcement musculaire, travail de la coordination, stimulation de l’équilibre par des situations proches du quotidien. Ces séances permettent d’entretenir la mobilité, de retrouver de l’assurance et de limiter la perte d’autonomie, pas à pas.
Pour rendre la vie plus sûre et plus simple, voici des recommandations à mettre en œuvre chez soi :
- Réaménager l’espace de vie : retirer tout obstacle inutile, installer des barres d’appui dans les endroits stratégiques, sécuriser les tapis et veiller à un éclairage uniforme.
- Se tourner vers les aides à la mobilité au bon moment : canne, déambulateur, rollator ou fauteuil roulant si la situation l’exige.
- Choisir des chaussures adaptées : semelles, orthèses ou modèles assurant une meilleure stabilité.
L’alimentation ne doit pas être négligée. Un apport suffisant en protéines et en calcium aide à préserver la masse musculaire et à prévenir l’ostéoporose. Pour compléter l’accompagnement, il est pertinent de solliciter l’aide sociale : accès aux soins, dispositifs d’aide, réseaux associatifs ou consultations spécialisées. Chaque amélioration concrète contribue à restaurer la confiance et à freiner la spirale de la dépendance.
Quand la marche se dérègle, c’est toute la trajectoire de vie qui se redessine. Rester mobile, c’est garder le choix : celui de continuer à avancer, différemment, mais toujours debout.


