Bordetella pertussis, bactérie à l’origine de la coqueluche, continue de provoquer des épidémies malgré la disponibilité d’un vaccin efficace. Les nourrissons, particulièrement vulnérables, figurent parmi les plus exposés à cette infection respiratoire.
Des formes atypiques ou atténuées peuvent survenir chez les adolescents et les adultes, souvent confondues avec d’autres affections respiratoires. La compréhension des modes de transmission et l’adhésion aux recommandations vaccinales restent essentielles pour limiter la circulation de la maladie.
La coqueluche : une maladie à ne pas sous-estimer
La coqueluche ne lâche pas prise : cette infection respiratoire très contagieuse hante encore le paysage sanitaire français. En cause, la bactérie Bordetella pertussis, parfois sa cousine, Bordetella parapertussis, traquée de près par le réseau Renacoq, l’Institut Pasteur et Santé publique France.
En France, les nourrissons paient le plus lourd tribut. Chez les petits de moins de six mois, la maladie peut dégénérer à une vitesse déconcertante : apnées, pneumonies, parfois des issues tragiques. Les enfants plus âgés et les adultes ne sont pas à l’abri, mais leur forme, plus discrète, contribue sans bruit à la propagation du germe. La coqueluche circule, souvent masquée, portée par des toux qui s’éternisent et passent pour anodines.
La transmission ? Elle se joue dans l’air, au gré des gouttelettes projetées lors de la toux. Un adulte qui tousse sans relâche, sans savoir qu’il porte la bactérie, peut facilement la transmettre à un bébé de son entourage.
Si l’incidence de la coqueluche fluctue d’une année à l’autre, la menace reste réelle. Les rapports de Santé publique France rappellent que, malgré la vaccination, des flambées persistent, surtout dans les milieux accueillant de jeunes enfants. Pour détecter et contenir rapidement les cas, la surveillance épidémiologique de la coqueluche en France repose sur un dispositif rigoureux et coordonné.
Quels sont les symptômes et comment la bactérie se transmet-elle ?
Le point de départ de la coqueluche se fait souvent discret, avec une phase d’apparence banale, qui évoque un rhume. Au début, la toux est sèche, peu marquée, la fièvre reste absente ou très modérée. Puis la maladie change de visage :
- Les quintes de toux s’installent, parfois ponctuées d’un sifflement inspiratoire, ce fameux « chant du coq » qui ne trompe pas, surtout chez l’enfant.
- Chez le nourrisson, la toux peut manquer à l’appel, laissant place à de redoutables pauses respiratoires.
Au fil des jours, les sécrétions bronchiques peuvent apparaître. L’examen cytobactériologique des crachats (ECBC) reste utile pour isoler la bactérie, à condition de disposer d’un prélèvement bien réalisé. Chez les patients atteints de mucoviscidose, le brossage bronchique protégé apporte des résultats fiables.
En matière de transmission, la Bordetella pertussis profite du moindre accès de toux pour voyager par voie aérienne. Les gouttelettes contaminent l’entourage, particulièrement dans les espaces confinés. Un adulte qui ne présente pas de symptômes frappants peut, sans le savoir, transmettre l’infection à un enfant.
La pandémie de covid-19 a mis sur le devant de la scène l’impact des gestes barrières : port du masque, aération, lavage des mains, autant d’actions qui ont permis de freiner la diffusion de la coqueluche et d’autres maladies respiratoires.
Pour valider le diagnostic, il faut miser sur la PCR ou la culture bactérienne à partir d’un prélèvement nasopharyngé. Ces méthodes, particulièrement fiables au début de la maladie et avant la prise d’antibiotiques, garantissent une détection rapide.
Prévention, traitements et rôle clé de la vaccination
La vaccination anticoquelucheuse constitue la pierre angulaire du combat contre la coqueluche. Dès les premiers mois, le vaccin protège les nourrissons et jeunes enfants, populations les plus menacées par les complications. Les rappels à l’adolescence puis à l’âge adulte permettent de maintenir l’immunité collective. Pour les femmes enceintes, la vaccination offre un bénéfice direct au futur nouveau-né, qui profite ainsi d’une première défense pendant ses premiers mois de vie.
Lorsqu’une infection est confirmée, la prescription rapide d’antibiotiques de la famille des macrolides (azithromycine, clarithromycine) est recommandée. Ce traitement réduit la contagiosité, limite la propagation dans l’entourage et atténue la gravité des symptômes, surtout si l’intervention est précoce. Pour les personnes à risque et leurs proches, une prophylaxie adaptée s’impose afin de contenir l’épidémie.
La recherche ouvre de nouvelles pistes : le vaccin expérimental BPZE1, développé par l’Inserm, vise à neutraliser la Bordetella pertussis directement au niveau des voies respiratoires, grâce à une administration nasale. Cette stratégie, actuellement en phase d’étude, pourrait transformer la prévention.
Pour mieux visualiser les atouts de la prévention, voici quelques leviers déterminants :
- La surveillance épidémiologique nationale s’appuie sur le réseau Renacoq, en partenariat avec l’Institut Pasteur et Santé publique France.
- Les mesures barrières, déjà testées lors de la pandémie de covid-19, freinent la transmission de la coqueluche et d’autres infections respiratoires.
Au bout du compte, la coqueluche ne se contente pas d’être une vieille histoire de santé publique : elle s’invite encore là où on ne l’attend plus, rappelant que la vigilance collective et l’innovation vaccinale restent des remparts indispensables.


